Pourquoi déclarer ses travaux à son assureur ?
Votre contrat d'assurance habitation a été établi sur la base d'une description précise de votre logement : surface, matériaux, usage, présence de dépendances, etc. Dès lors que des travaux modifient significativement ces éléments, votre situation peut évoluer au regard du risque assuré. On parle alors d'aggravation du risque, une notion encadrée par le Code des assurances (article L113-2) qui impose à l'assuré d'informer sa compagnie de tout changement de circonstances augmentant la probabilité ou la gravité d'un sinistre.
Omettre cette déclaration n'est pas sans conséquence : en cas de sinistre, l'assureur peut invoquer une non-déclaration pour réduire l'indemnisation, voire la refuser totalement si la mauvaise foi est avérée. Il est donc essentiel de savoir précisément quels travaux doivent faire l'objet d'une information, et dans quels délais.
Les travaux qui doivent obligatoirement être signalés
Les travaux d'agrandissement ou de modification structurelle
Toute opération qui change la surface habitable, le volume du bâti ou sa structure porteuse doit être déclarée. Cela inclut :
- la construction d'une extension ou d'une véranda ;
- l'aménagement de combles pour créer une pièce supplémentaire ;
- la surélévation d'un bâtiment ;
- la démolition ou le déplacement d'un mur porteur ;
- la construction d'une dépendance (garage, abri de jardin fermé, atelier).
Ces travaux modifient la valeur du bien et, souvent, le risque incendie ou dégât des eaux associé. Le montant du capital mobilier et immobilier garanti doit être réévalué en conséquence.
Les travaux touchant aux installations techniques
Les interventions sur les réseaux électriques, de gaz, de plomberie ou de chauffage sont particulièrement surveillées par les assureurs, car elles influent directement sur le risque incendie et dégât des eaux. Doivent ainsi être signalés :
- une rénovation complète de l'installation électrique ;
- l'installation d'une chaudière, d'une pompe à chaleur ou d'un poêle à bois ;
- la pose de panneaux solaires ou d'une borne de recharge pour véhicule électrique ;
- l'installation d'une piscine, qu'elle soit enterrée, semi-enterrée ou hors-sol fixe ;
- la création d'une cheminée ou d'un conduit de fumée.
Pour certains équipements comme une piscine, l'assureur peut demander la mise en place de dispositifs de sécurité (alarme, barrière) et ajuster la prime en conséquence.
Les changements d'usage du logement
Un contrat multirisque habitation classique couvre une résidence principale ou secondaire occupée à titre privé. Si des travaux s'accompagnent d'un changement d'usage, la déclaration est impérative :
- transformation d'une partie du logement en local professionnel (cabinet, atelier, commerce) ;
- mise en location saisonnière d'une pièce ou d'une annexe après travaux d'aménagement ;
- création d'un logement indépendant destiné à la location.
Ces changements peuvent nécessiter un avenant au contrat, voire la souscription d'une garantie professionnelle complémentaire.
Les travaux qui n'exigent généralement pas de déclaration
Tous les travaux ne constituent pas une aggravation du risque. Les opérations d'entretien courant ou de rénovation esthétique n'ont, en principe, pas à être signalées :
- peinture, papier peint, revêtements de sol ;
- remplacement de fenêtres par un modèle équivalent ;
- rénovation d'une salle de bains sans modification de la structure ;
- remplacement de la cuisine équipée.
En cas de doute, il reste toutefois prudent de contacter son assureur : certains contrats incluent des clauses spécifiques, notamment pour les logements anciens ou classés.
Comment procéder à la déclaration ?
La déclaration doit être effectuée par écrit, idéalement par lettre recommandée avec accusé de réception ou via l'espace client sécurisé de l'assureur, en précisant la nature des travaux, leur date de réalisation et, le cas échéant, les devis ou factures correspondants. Le Code des assurances prévoit un délai de quinze jours à compter du moment où l'assuré a connaissance du changement de situation pour effectuer cette formalité.
Suite à la déclaration, l'assureur peut :
- accepter la modification sans changement de prime ;
- proposer un avenant au contrat avec une cotisation ajustée ;
- résilier le contrat si le nouveau risque ne correspond plus à ses critères de souscription.
Bon réflexe à adopter après des travaux
Au-delà de l'obligation légale, il est recommandé de faire le point annuellement sur la composition de son logement et de son mobilier, en particulier après un chantier important. Conserver les factures, photos avant/après et attestations de conformité (électricité, gaz) facilite grandement l'évaluation du bien par l'assureur et accélère le traitement d'un sinistre futur. Une déclaration transparente et régulière reste la meilleure garantie d'une indemnisation sans contestation en cas de coup dur.
